Randonnées dans les montagnes Pyrénéennes

Coucou les poussins, aujourd’hui on va prendre de la hauteur tout en restant en France direction les belles montagnes Pyrénéennes sur les terres de réintroduction des Ours en plein début de Printemps. On va voyager cette fois avec Lina qui nous raconte son bien beau week-end au cœur de la Montagne.

Lors de mon année de terminale ma mère envisagea un séjour en montagne, après réflexion et avec la motivation apporté par un ami de famille, nous nous sommes organisés une petite expédition avec nos amis cavaliers. La destination, Aspet, chez Isabelle, professionnelle du tourisme équestre, ayant ouvert son écurie de loisir orientée vers la randonnée et nommée Cavalcagire. C’est en ce début de printemps de 2012, au mois d’avril que nous avons pris la route pour deux jours de randonnée dans les montagnes Pyrénéennes sur les terres de réintroduction des ours.

A notre arrivée aux écuries, nous traversons la propriété où les chevaux évoluent librement dans ce creux de vallée, au centre  se tient le bâtiment où nous logerons avant notre départ. Le soir même,  je m’en vais errer au milieu des chevaux sélectionnés pour leurs caractères et leurs robustesses (plutôt que pour leurs races ou leurs âges). Il faut dire que ces chevaux connaissent parfaitement les montagnes, ils y naissent et y sont élevés en quasi liberté sur la frontière franco-espagnole, ils connaissent chaque sommet et leur sens de l’orientation est parfait dans cet environnement. D’après mes souvenirs, la propriétaire des lieux les sélectionne à leur deux ans lors de la transhumance, puis l’hiver de leur trois ans ils rejoignent son écurie. Cette femme exceptionnelle, au feeling mystérieux, dompte ces jeunes montures en environ un mois. Elle dresse ces jeunes chevaux, qui dans la douceur et le respect, apprennent à accepter le contact avec l’homme. Je remarque parmi ce troupeau, une magnifique jument à la robe isabelle, j’approche mais celle-ci se détourne de moi, les oreilles couchées, son amabilité est limité aussi bien envers moi qu’envers ses congénères.

 

Jour du départ, ce matin c’est distribution des chevaux. Dans notre groupes il y a des cavaliers de tout niveaux et de tout âge, allant du débutant de 9 ans au baroudeur de 60 ans. Les cavaliers confirmés se voient confier les jeunes de 3 ans, et qu’elle ne fut pas ma surprise de me retrouver avec la petite jument isabelle au caractère bien trempée portant le nom de Virtuose.  Nous faisons connaissance, je récupère la selle de rando top confort et le tapis de western, les chevaux sont tous ferrés et équipés de selles de randos munies d’une croupière et d’un filet simple au dessous duquel nous passons un licol afin d’attacher nos montures lors des pauses. En ce qui nous concerne pour une randonnée de deux jours avec une nuit en chalet notre guide nous a prévu un ravitaillement, le chalet étant accessible en voiture, nous sommes donc délestés de notre barda et partons donc avec l’équipement de base.

Une fois en selle, notre guide Isabelle nous informe de très peu sangler afin d’éviter les gonfles, les selles se maintenant par la croupière et leur stabilité naturelle. Nous commençons dont notre rando, traversons les villages et les fermes de montagnes.  Pour ce qui est de ma monture, celle ci n’est guère intéressée par le paysage, elle est débordante d’énergie, nous sommes dans la fin du cortège et la miss a la bougeotte, elle tente de botter ses copains, si nous nous arrêtons près d’une flaque elle est prête à s’y rouler bref un sacré caractère. Nous traversons des bois  puis arrivons dans les premiers flancs de montagnes, nous voilà parti dans un galop à flanc de falaise … adrénaline garantie ! Nos montures cavalent dignement avant de repasser à l’allure inférieure à l’entrée d’un sous bois, nous passons au pas au dessus d’un arbre couché puis filons ensuite le long d’un sentier avec une magnifique vue sur la vallée où nous nous arrêtons pour pique-niquer. Nous attachons les chevaux dans le sous bois sans les desseller pendant que nous grignotons et prenons alors le temps d’admirer la vallée et de discuter avec notre guide qui nous parle de ces sommets et de leurs histoires.

Nous reprenons la route à pieds afin de réchauffer nos montures et nous nous arrêtons à un petit ruisseau afin qu’ils s’abreuvent et profitons de la présence d’un rocher tout proche afin de nous hisser en selle. Nous traversons les sous bois en file indienne la végétation étant tantôt abondante tantôt rocheuse, nos chevaux ont le pied sûr et nous les laissons nous mener à travers les roches. Parfois un arbre est tombé sur notre chemin nous obligeant à rebrousser chemins ou a nous aventurer en hors piste, nous sommes grisé par cette aventure, heureusement que notre guide s’oriente dans cette nature que nous connaissons à peine.  Vers 17 h la pluie nous surprends et le soleil baisse, nous enfilons nos ponchos puis continuons notre ascension sur un coteau rocheux, au milieu des arbres, qui curieusement en ce début de printemps offre un sois bois au couleurs d’automnes. Le chemin est escarpé et la roche se transforme parfois en marches, le sentier est parfois si accidenté que nous descendons et continuons à pieds, nos montures dans le dos. Après ce parcours , nous remontons en selle et apparaît alors un village que nous traversons avant de renter de nouveau dans un sous bois aux allées beaucoup plus larges et verdoyantes qui nous permettent d’ entamer un petit galop. C’est enfin vers 18H que nous atteignons le refuge.

Première étape de la soirée, chacun notre tour nous abreuvons nos chevaux au ruisseau, nous dessellons et pansons. Chaque cheval est attaché à un arbre dans le sous bois près du refuge, nous distribuons le foin laissé avant notre venue et nous détachons les chevaux deux par deux pour qu’ils puissent profiter de l’herbe de printemps. Nous investissons ensuite le refuge, le confort est sommaire, ce qui donne un certain charme à l’endroit. Celui-ci se compose d’une seule pièce dans laquelle se trouve une longue table avec bancs et chaises, pour le couchage, le refuge dispose d’une mezzanine. Le lieu est entretenu par chaque voyageur qui prépare l’âtre pour le suivant afin de faire un bon feu de bois. Notre ravitaillement arrive, nous installons nos petits tapis de mousse à l’étage et mettons le pot aux feu à chauffer dans la cheminée. Le refuge ne disposant pas d’éclairage, c’est à la lampe de spéléo que nous nous réunissons pour l’apéritif, c’est un agréable moment où se mêlent histoires de chevaux et philosophie de vie.
Nous entamons ce bon repas, pendant que dehors nos chevaux mangent leur foin, et se reposent. La pluie commence à tomber et le vent se lève, il est temps d’aller dormir.

Je me réveille au matin le dos engourdi, les braisent sont encore chaudes dans la cheminée et je sors pour admirer le soleil qui se lève. Le calme règne c’est très agréable, chacun se réveille à son rythme !

Nous déjeunons tous ensemble, puis allons préparer nos chevaux pendant notre digestion, eux aussi sont rassasié de leur ration matinale, notre guide ayant détaché les chevaux par groupe de deux afin qu’ils puissent profiter de l’herbe. Je retrouve ma monture, celle-ci semble plus calme que la veille. Après avoir nettoyé le refuge et effectué une rapide toilette à l’eau de source, j’harnache ma jument, il est temps de partir !

Lorsque le groupe est prêt nous partons à pied sur le sentier jusqu’à trouver une roche qui nous sert de montoir, cette petite marche nous aura permis de délier nos muscles engourdis de la nuit passée. Nous nous enfonçons dans les chemins de montagnes, ceux empruntés pour les transhumances. Nous franchissons petit à petit les frontières de ces lieux, dans des chemins tantôt étroits tantôt larges.

Le paysage est très différent de la veille, nous grimpons progressivement sur les plateaux, nous somme à cet instant à environ 1000m d’altitude. Le sol est rocheux et spongieux, la neige commence à apparaître. Nous nous suivons en file indienne sur les étroits sentiers bordés par les roches et les flancs de montagnes, nous grimpons de plateaux en plateaux.

Le souffle de ma jument se fait entendre, elle commence déjà à transpirer, les montés sont parfois très dures. Cependant nous ne pouvons pas mettre pieds à terre car nous allons abordé ce qui m’a semblé être le moment le plus intense de la randonnée. Après avoir effectué cette montée, traversé un plateau au sol mousseux et quelque peu enneigé où des chamois sont passés à environ 50 mètres de notre convoi, nous nous apprêtons à franchir ce qui nous semble être un sommet. Notre guide nous donne la consigne de laisser faire nos chevaux et de ne pas poser pieds à terre.

Nous commençons notre ascension en laissant environs 20 mètres entre chaque cheval, nos montures commencent à grimper avec impulsion, leurs souffles s’accélèrent, ils montent alternativement de 20m, en général d’un  sapin à un autre. Ils nous arrivent à nous cavaliers de nous prendre des branchent car nos chevaux cherchent à pouvoir reprendre leur souffle en s’arrêtant sur le sol le plus stable possible. Ce terrain à très fort dénivelé est une sorte de tourbière, l’eau issue des neiges fondues en ce début de printemps y ruisselle rendant la terre profonde, nos chevaux doivent fournir de gros efforts pour nous hisser jusqu’en haut.

Ce cheminement semble interminable, nous nous mettons en suspension afin de soulager nos montures. Ma fougueuse jument de la veille semble ici devenue totalement docile, elle a trouvé un élément à la hauteur de son énergie. D’un pas précis et rapide elle nous hisse d’arbre en arbre. En regardant en arrière, je peux admirer la hauteur que nous venons de prendre, c’est incroyable!

Puis, le sol redevient progressivement plus stable, des roches apparaissent, la terre est remplacée par la roche et en un instant nous nous retrouvons sur un plateau rocheux, nous nous arrêtons alors prés d’un abreuvoir alimenté par une source afin que nos montures puissent se ressourcer et afin de faire le point sur nos émotions et admirer le paysages unique que nous surplombons. Certains repartent en main, d’autre restent à cheval mais nous allons au final tous descendre de nos montures.  Nous sommes enfin les pieds dans la neige, c’est magnifique ! Le craquement sous nos pieds, nous passons de plateaux à descentes assez raides, parfois nous glissons. Nous marchons devant nos montures qui décident parfois de choisir un angle de pente différent du nôtre, nous improvisons, chacun choisi son propre équilibre. Après avoir longé ce flanc de montagne nous remontons en selle, nous suivons scrupuleusement les pas de notre guide dont le cheval décide du terrain afin d’éviter les crevasses présentent sous cette neige en fonte. Nous avançons dans ce  paysage d’une beauté étonnante. Le calme des montagnes, en ce début de printemps, la neige qui laisse réapparaître la végétation, le bruit des sabots dans la neige sont autant de choses qui rendent ce périple magique. Le terrain est irrégulier et parfois nos chevaux sont contraints de traverser des petits ruisseaux où de sautiller au dessus de roches, tous sont très adroits dans ces montagnes qui les ont vu naître.

Nous arrivons à la lisière d’un bois, nous mettons pied à terre, là encore nous nous suivons, la neige est glissante, il est au alentour de midi, nous longeons un chemin étroit, en contre bas une forêt d’arbres morts, les pieds dans la neige. Notre guide nous signale que nous nous arrêtons ici pour déjeuner, nous attachons nos chevaux aux branches d’arbres et récupérons la nourriture dans nos sacoches. Nous nous posons alors sur des roches et des troncs d’arbres morts surplombant les montagnes. Notre guide nous indique les sommets espagnols les plus proches, leurs noms leurs histoires et les randonnées où elle descend pendant la belle période.

Après avoir déjeuné et effectué une petite sieste au soleil, il est temps de repartir. Nos montures ce sont bien reposées elles aussi et ont pu grignoter les brins d’herbes naissant et les branchages d’arbres.

Nous repartons à pied afin d’attaquer la prochaine épreuve de descente. Après avoir traversé une arrête rocheuse qui ne laisse la place qu’a un cheval, nous descendons la montagne. Moment de panique pour les plus jeunes cavaliers, notre guide très à l’écoute et connaissant bien ses chevaux, conseille aux jeunes cavaliers de lâcher leurs chevaux, ceux-ci effectuerons la descente tout seuls.C’est sûrement le moment le plus impressionnant, nous glissons petits pas par petits pas dans la neige qui subitement s’arrête entre les roches et laisse place à de grosses marches rocheuses plus ou moins glissantes que nos chevaux doivent descendre ou sauter. Nos chevaux n’arrivent parfois pas à s’arrêter comme ils le désirent et nous poussent dans le dos pour se freiner.

Nous slalomons dans la roche jusqu’à se retrouver sur un plateau enneigé où nous remettons pied à l’étrier. Nous repartons ensuite sur les arrêtes rocheuses, parfois des arbres sont tombés et nos chevaux doivent les enjamber ou ils nous faut descendre si la pente le permet et s’y jeter afin de contourner l’arbre tel des chamois. C’est assez impressionnant mais cela en vaut la peine, nous sommes au milieu des arbres  surplombant la vallée, en bas c’est le début du retour à la civilisation mais cela nous semble encore loin. Notre chemin se poursuit ensuite en sous bois, la nature nous submerge, les oiseaux chantent  et la montagne s’éveille … on sent cette odeur si particulière, l’odeur de l’humus, de la neige et des jeunes fleurs.

 

Nous traversons les bois et rencontrons plusieurs coureurs que nous saluons. A ce stade de la randonnée je me sens en totale fusion avec « ma » jument, nous nous accordons une confiance réciproque et nous nous comprenons dans les choix à effectuer face aux obstacles et changements de terrains. Nous quittons alors la forêt pour retrouver les pistes de terres et de graviers qui descendent de la montagnes de façon moins brute. Nous nous retrouvons alors en fin de cortège et effectuons notre dernier trot et petit galop, Virtuose fournit l’effort minimum, sa fougue s’est envolée. Je m’inquiète un peu pour elle puis me rassure, c’est sa première vraie randonnée, elle a joué les fortes têtes et a dépensé beaucoup d’énergie à cela, je pense que cette expérience pour elle comme pour moi aura marqué son moral et son comportement.


Enfin, on aperçoit les premiers villages et assez rapidement nous empruntons un sous bois qui mène à notre point d’arrivé.  Sur celui ci un arbre est tombé à mi hauteur, la végétation est dense et les pentes sont certes petites mais accidentées. Nous devons le contourner, la pente étant assez glissante nous descendons et ressautons de l’autre coté de l’arbre, nos chevaux doivent effectuer cette manœuvre avec agilité derrière nous. Quelques mètre plus loin le chemin est plus dégagé mais se trouve coupé par un dépôt de tronc, nous sommes alors obligés de traverser un champs habité  par un Merens qui vient fougueusement  à notre rencontre mais heureusement nos chevaux sont calmes.

Nous traversons ce champs à pied à coté de nos chevaux puis atteignons le village, nous voilà sur le goudron. Notre randonnée touche à sa fin et nous devons mener nos chevaux à leur pâture de printemps. Nous suivons notre guide jusqu’à l’entrée de cette pâture, nous rentrons un par un, desellons et rendons leur liberté à nos chevaux. Leur premier réflexe est d’aller se rouler puis ils partent tranquillement dans cette étendue verdoyante.

Nous les observons en attendant notre chauffeur qui doit nous ramener aux écuries, heureusement que notre périple se termine car la pluie commence à tomber. Le soir nous ferrons le point sur notre superbe randonnée en compagnie de notre guide avant d’aller dîner dans une petite auberge très prisée des amateurs de deltaplane, dans le village de l’ours.

Cette randonnée est ma première randonnée effectuée à cheval loin de chez moi, un dépaysement total, une aventure. Un accueil vraiment sympathique où l’on se retrouve au milieu des chevaux. Oubliez votre équitation classique et votre niveau équestre, là bas il n’est nullement question de performance mais d’endurance, plus question de surveiller le temps, les portables et les montres restent dans les voitures on se fie alors à la course du soleil, à notre sens de l’orientation, aux conditions climatiques, à la fatigue des chevaux… Nous n’avons définitivement pas le contrôle sur ce genre de terrains techniques, il faut se fier à nos montures, à l’allure qu’ils adoptent, aux sentiers qu’ils décident, on y apprend à faire confiance, à se laisser aller et alors à avancer. Pour les amoureux des montagnes et les autres, c’est un vrai plaisir de découvrir ces lieux, je conseille totalement ces randonnées Cavalcagire, autant aux aventuriers qu’aux familles !

Et vous, ça vous donne pas envie une rando en pleine montagne ?

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